Pas une étoile au ciel. D'invisibles nuages
Rendent la nuit plus sombre et plus noir l'horizon;
La lune par instant, brusquement se dégage
Puis replonge aussitôt dans l'opaque prison.
Nuit de novembre, ô nuit de tristesse et de pluie
Où le coeur angoissé se sent tellement seul,
Qu'il lui semble à jamais toute espèrance enfuie
Et que le doute affreux l'étreint comme un linceul.
C'est en vain que j'évoque en veillant solitaire,
Les souvenirs heureux d'un si proche passé,
C'est en vain que j'attends le sommeil salutaire,
Ni l'espoir, ni l'oubli ne me viennent bercer.
Et, les yeux grands ouverts parmi cette ombre hostile
Je murmure son nom en cherchant son regard;
Hélas, rien ne répond que la plainte inutile
De l'averse battant sur le carreau blafard.
Robert Porchet